Notre van est vendu !




Et bien voilà, une page se tourne, notre maison roulante vient d'être vendue.
Nous vous présentons les nouveaux heureux propriétaires :



Véronique et Julien qui partent en juillet prochain pour deux ans de l'Alaska à la Terre de Feu. Bon, franchement, on ne les a jamais vu aussi chics, mais on lance le défi pour le voyage !

On est sincèrement heureux que ce soient eux qui reprennent la maison ! Sympathiques amis Suisses tout excités de partir sur leur route ! Une rencontre skype rapide, une décision rapide, tout qui coïncide pour tout le monde, voici une affaire qui roule, et comme disait notre très cher Antonio (ancien propriétaire), "tout est connecté"... donc ça devait être eux...

On leur souhaite de vivre une magnifique expérience et que les bonnes ondes du van les portent sur leur chemin.

De notre côté, il a fallu tourner la page, même si au fond de nous, le van reste forcément un peu à nous aussi, tout du moins pour les souvenirs que nous avons eu avec lui !

Voici un peu de pub pour les jolies créations de Véronique :
 http://www.laboiteavero.com/
et pour les suivre, il faudra leur demander le mot de passe !

Bonne route à vous ! 

On vous suivra depuis notre bureau...


Une année lumineuse !

A TOUS, nous vous souhaitons une année lumineuse ! 

Qu'elle vous guide vers de beaux projets, de belles expériences, de belles rencontres.

Alors qu'on nous annonce la fin du monde pour 2012, on préfère penser à un renouveau, un nouveau cycle pour s'inventer une nouvelle vie.

Belle vie à tous

Caroline, Arnaud et Rose



NOTRE VAN EST À VENDRE...

Nous vendons notre petite maison, notre super van qui nous a abrité si longtemps... mais pas assez. 
Il est vraiment génial et on espère qu'il fera le bonheur de quelqu'un comme il a fait le nôtre.
Il est vraiment complet, tout le nécessaire dans un petit espace pour passer partout, en toute discrétion.
On vous le présente....





VAN COACHMEN FORD ECONOLINE 250 DE 1995
72 000 MILES ESSENCE, 5.8L
EN SUPER ÉTAT – TRÈS PROPRE -  ENTRETIEN RÉGULIER
ACTUELLEMENT A MONTREAL - CANADA

12 999 EUROS A DISCUTER !

et plus sur demande


CONSOMMATION 17 L / 100 KM
19 PIEDS DE LONG – 9 PIEDS DE HAUT ENVIRON
IMMATRICULÉ AUX USA – CALIFORNIE
POUR DEUX ADULTES, ET UN OU DEUX ENFANTS EN FONCTION DE L’ÂGE
GÉNÉRATEUR QUASI NEUF (JAMAIS UTILISÉ) ONAN MICRO LITE 2800 68 HEURES
BATTERIE CELLULE NEUVE À DÉCHARGE PROFONDE (SOUS GARANTIE)
PNEUS FIRESTONE (CHANGÉS IL Y A PEU)
AMORTISSEURS NEUFS
STORE EXTÉRIEUR

Literie
LIT DOUBLE AVANT ET PETIT LIT DOUBLE ARRIÈRE
LIT ENFANT DANS CAPUCCINE, SÉCURISÉ AVEC BARRIÈRE AMOVIBLE

Cuisine - toilettes
REFRIGERATEUR REFAIT A NEUF (SOUS GARANTIE) + FRAISEUR
DOUBLE FEU GAZ
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TABLE ARRIÈRE INTÉRIEURE
DOUCHE EXTÉRIEURE
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Chauffage - climatisation
CHAUFFAGE GAZ ET ÉLECTRIQUE EN CELLULE
CLIMATISATION ÉLECTRIQUE EN CELLULE
VENTILATION EN CELLULE
CLIMATISATION ET CHAUFFAGE AVANT
RÉSERVOIR GAZ DE 8 GALLONS
RÉSERVOIR EAU + EAU SALE + EAU GRISE
EAU CHAUDE AU GAZ
TOUT ÉQUIPÉ ET PRÊT POUR LE VOYAGE : COUETTE, OREILLERS, VAISSELLE, ONDULEUR, MALLE ARRIÈRE PERMETTANT DE RANGER TOUS LES NÉCESSAIRES (BIDON ESSENCE 5 GALLONS, FLUIDES MOTEUR, QUELQUES OUTILS…), DEUX CHAISES D’EXTÉRIEUR ET TABLE PLIANTE, CALES, FILTRES À AIR…
DES RIDEAUX SÉPARENT LES « PIÈCES » ! et TOUT LE NÉCESSAIRE EST FOURNI POUR LES RIDEAUX DE NUIT
RANGEMENT
GPS USA CANADA, TÉLÉPHONE MEXICAIN ETC

Possibilité toute simple de l’assurer aux USA (couverture canadienne également + extension Mexique) par Pierre Gerardy

Nous contacter 
carolineetarnaud@laposte.net


Et après...

Il a donc fallu se rendre à l'évidence, nul moyen de continuer actuellement ce voyage avec le van, van remis à neuf et qui lui, pouvait passer sans problème. Notre petit bonheur, qui s'appelle Rose, nous fait garder le moral. Alors qu'elle nous voit ne pas avoir le moral, elle se jette sur nous pour nous faire de gros câlins : voilà bien l'essentiel. Nous profitons de cette rallonge à Montréal pour aller visiter le centre ville que nous n'avions finalement pas vu. Le coeur n'y est pas, mais ça change un peu les idées.
Chinatown



Au détour d'une rue, nous rencontrons les restes d'un tournage cinématographique, voitures en feu, terre dans les rues, pas un film très rigolo apparemment.


Et puis nous mettons le van en vente et décidons de le mettre en stockage chez Geneviève, qui a toujours fait preuve d'un grand professionnalisme. On a l'impression qu'il sera un peu comme à la maison, entre de bonnes mains. On le met en hivernation (fluide anti-gel dans les canalisations) pour l'apprêter à passer l'hiver, puis nous nous attelons à le vider. 

Moment le plus difficile, notre voyage a pris fin, sans préavis, sans qu'on ait pu l'envisager un moment. On se rend compte qu'on n'était vraiment pas prêts à le laisser, tout nous rappelle des souvenirs passés et à venir.
Il est vidé, nu, seul et froid.
Une tranche de vie se tourne.


The end

Passage de frontière Canada - USA ... = REFUS !

Notre voyage prend fin...

Chapitre 1 - Mooers

Et après toutes ces belles journées passées au Québec, il a été temps de prendre la route du sud avant que le froid n'arrive.
Après une pause nécessaire, accueillis amicalement par tous ceux que nous avons rencontré, nous prenons la route par une journée ensoleillée.
Magnifique. Nous suivons les oies sauvages qui prennent aussi la voie du sud. Nous décidons de prendre une petite route de campagne pour plus de rapidité à la douane. Mais beaucoup d'entre-nous ont eu la même idée et nous patientions une heure devant le poste frontière de Mooers, à jouer au bord de la route, avec les coccinelles (porte-bonheur...?).

Pas vraiment stressés pour une fois, nous sommes plutôt confiants.

Voici notre tour... nous voyons une jeune au guichet. Et tout va très vite : d'abord, on se dit que c'est plutôt bien que ce soit une jeune, plus ouverte peut-être... Quelle idée, rapidement, on comprend notre malheur, non, ça ne marche pas comme ça.

Pourquoi vous avez un véhicule US si vous n'êtes pas résidents ? Pourquoi vous repassez encore une frontière ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Combien de temps êtes-vous restés aux US ... Mettez-vous sur le côté.

Curieusement, nous sommes encore confiants, parce que c'est pas possible, tout bonnement, pas possible qu'on ne nous laisse pas passer.

Voilà qu'elle nous prend à part, après nous avoir fait patienter et fait passer tous les autres avant. Et oui, car à cette minute, nous sommes devenus de "mauvais voyageurs". Ca y est, elle nous mitraille du regard, nous prend de haut et veut connaître tous nos faits et gestes des derniers mois. On lui explique quel parcours on fait, quand nous sommes rentrés aux US et pourquoi.
Mais elle ne comprend pas : de quoi vivez-vous ? vous avez un travail ?

Tout ce qu'on lui dit est soumis à caution, rien ne peut être vrai. Nous mentons forcément.

Et de nous dire : "je ne peux pas vous laisser rentrer, vous êtes venus trop souvent aux US sans être rentrés chez vous, vous devez retourner en France en avion".

On lui explique qu'on a un van, qu'on doit juste traverser les US pour nous rendre au Mexique, que si elle fait cela, elle va mettre fin à notre voyage, qu'on n'a jamais dépassé les dates limites et même qu'on y a été moins que ce que les visas nous permettaient, et que les autres douaniers nous ont bien donnée ces visas. Mais non, c'est ainsi, elle s'est fait son opinion, trop beau d'avoir à faire quelque chose de différent aujourd'hui alors que tous les canadiens ne font que passer pour partir en WE, elle ne veut pas nous laisser passer et a l'air d'en faire une affaire personnelle.
Elle appelle son superviseur pour avoir confirmation : et alors qu'on comprend que son superviseur doit lui dire de laisser couler, elle insiste "mais tu te rends compte, ils sont restés plus de 6 mois en tout". C'est faux, mais que dire... 
Elle ne nous laisse même pas approcher du comptoir, on est trop dangereux certainement, Rose ne doit pas vraiment être un enfant mais un tireur embusqué, et alors qu'Arnaud part vers le van pour changer Rose... elle lui crie : "Monsieur, restez ici (heureusement, on a évité les armes !), où allez-vous...?" Et bien, il a fallu laisser les clés du van, alors même que j'étais dans le poste frontière...

Nous sommes abasourdis, on n'y croit pas, c'est pas possible. Il y a forcément quelque chose qui va se produire, quelqu'un de cohérent va surgir du chapeau pour lui faire comprendre que c'est totalement absurde, qu'il n'y a aucune raison pour ne pas nous laisser passer, pas de danger, rien. Forcément, quelque chose va se produire.

Mais rien ne se produit. On a beau lui expliquer qu'on ne veut que traverser, rien ne se passe. Peut-être qu'au contraire, elle n'aime pas le Mexique (certainement) et n'apprécie pas qu'on passe aux US juste comme voie de passage. Peut-être. En fait, on n'en sait rien. On est juste totalement anéantis. Si on ne passe pas, tout s'arrêtera.

Et alors qu'elle nous fait faire demi-tour la main sur le pistolet, escortés comme si un meurtre venait de se produire, les touristes nous regardent passer, en se demandant ce qu'on a fait, car forcément, si on est rejetés, c'est qu'on a fait quelque chose...

Les douaniers canadiens nous voient revenir, les larmes ruisselant d'incrédulité : mais pourquoi vous renvoient-ils, ils ne font jamais ça, ce doit être une erreur !
Arghhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!!
Ils nous conseillent donc d'aller au poste frontière juste à coté, plus gros, à Lacolle.

Chapitre 2 - Lacolle

Nous nous retrouvons donc côté canadien, abasourdis. KO total. On vient de vivre une expérience surnaturelle. Que faire ?
En rester là, patienter, se triturer les méninges. Impossible. Nous faisons ce que nous ont conseillé les douaniers canadiens tellement cool, et nous décidons d'aller au poste frontière de Lacolle, plus gros, très gros.

Tendus, très tendus, mais pas le choix, c'est notre dernière chance.
Nous parvenons au poste frontière et sommes accueillis par un "qu'est-ce que c'est que ça ?" du charmant douanier qui regarde Rose ... Bon bon bon... Et bien, on fait ceux qui ne comprennent pas vraiment, on lui dit que c'est notre fille... Non, il ne plaisante pas, il parle du siège auto : "non, qu'est-ce que c'est que ce truc..." 
Argh.......  Ras le bol ! A ce moment-là, j'ai envie d'éclater de rire, c'est comme si la foudre aller nous tomber dessus, il n'y aurait rien d'étonnant. On est juste dans un mauvais vortex et il semble que quoi qu'on fasse, rien n'ira.
Bon, il nous dit juste que c'est illégal (ha bon, pourtant on n'a jamais eu aucun problème !) mais que c'est pas son soucis à lui.
Et lorsqu'il voit nos passeports, tout de suite, il nous demande : vous avez déjà été refusés ?
Et bien voilà qui a le mérite d'être clair, nous sommes fichés, tout est déjà enregistré. On ne ment pas évidemment, on n'en avait pas l'intention, on lui dit clairement qu'on vient d'à côté et qu'on vient ici sur conseils des douaniers canadiens...

Et c'est reparti. Cette fois-ci, on tombe à l'intérieur sur un type plutôt sympa, qui nous laisse rêver à un éventuel passage. On lui explique la situation, notre parcours, mais on ne peut jamais parler en direct au chef qu'il n'arrête pas d'aller voir. Difficile donc de se faire une idée du film qu'ils sont en train de se faire sur nous. Car on n'a pas bien répondu, c'est sûr.
A la question : "de combien de temps avez-vous besoin pour traverser", on lui dit "on ne sait pas (on n'avait pas franchement projeté de traverser en trombes non plus !), certainement deux ou trois semaines".
Et bien il semble que cette réponse, toute anodine pour nous, ai fait penché la balance, sans qu'on le sache. Car il reviendra en nous disant : "s'il vous faut 3 semaines, c'est que vous roulez deux heures par jour". On reste abasourdis ! Encore et encore ! Pourquoi ne pas nous demander à nous des explications plutôt que de faire des plans sur la comète... Et oui, Monsieur le douanier, nous avons une fille qui n'a pas franchement envie qu'on roule 36 heures non stop, et puis c'est juste un peu dangereux et c'est pas vraiment ce qu'on avait prévu. Si on lui avait dit trois jours, peut-être que nous serions passés. Peut-être... avec des si...
Et nous voici repartis pour des prises et reprises d'empreintes en tout genre, photo, enregistrement etc. On en ressort à la nuit tombée, épuisés.
Rose dans cette histoire a encore été un ange, car rien à faire qu'il y ait un enfant dans l'histoire qui poireaute enfermé, non, le douanier prend son temps et le douanier ne tape pas vite...
Et le gentil douanier qui ne nous laisse pas passer nous dit de revenir éventuellement dans 10 jours, avec des papiers pour prouver qu'on a de l'argent et un boulot, et d'aller voir aussi le consulat.

Nous repartons donc dans la campagne québécoise, totalement dans le cirage.
Et évidemment, c'est un long WE (jour ferié ce même WE) qui aurait du être enchanteur et qui se transforme en une attente interminable pour aller au Consulat.

Chapitre 3 - Consulat 
et office d'immigration américain


Nous avons préparé tous nos papiers pour prouver notre bonne foi, notre parcours sur la carte, les dates exactes de passage des frontières avec le nombre de jours restés dans le pays, nos attestations d'employeurs, nos comptes bancaires. Tout y passe. Nous sommes mis à nu.
Nous sommes dès l'ouverture devant la porte du Consulat américain de Montréal. Le gars de la sécurité nous accueille et... c'est la seule personne que nous verrons ce matin. Impossible d'entrer sans rendez-vous, impossible de voir quiconque.
Il nous dit qu'on doit aller à l'aéroport car les bureaux d'immigration ont changé de lieu... Notre voyage est entre les mains de l'entreprise de sécurité Veritas ! Amusant.

Bon, c'est reparti, Rose toujours sous le bras, nous filons vers l'aéroport. On s'imagine déjà un bureau d'immigration immense, tout le monde faisant la queue pour demander asile dans la sacro sainte Amérique... mais de bureau d'immigration, personne n'a connaissance...
C'est en allant à la douane canadienne qu'on nous dit qu'il y a peut-être un bureau, tout au fond de l'aéroport... C'est reparti. On trouve enfin ce bureau où le drapeau étoilé trône... pour se trouver devant un bureau vide, ouverture une fois par semaine seulement, et bien sûr, ce n'est pas aujourd'hui... Argh..... Et pourquoi le consulat ne sait même pas ça.

Bon, dans notre malheur on a un peu de chance car le bureau ouvre demain, mais nos nerfs commencent à être mis à rude épreuve...

On patiente.

Le lendemain, nous sommes avant même l'ouverture dans la salle d'attente. Personne. On se dit que c'est pas possible, que ce bureau n'existe pas vraiment, que personne ne va venir. Et puis tout doucement, des personnes de tous styles arrivent, tous canadiens, certains d'origine vietnamienne, âgés, qui se sont vu refoulés de l'avion car pas de billet retour, déjà refoulés deux fois, ils ont perdu leur billet à chaque fois, des qui semblent être hommes d'affaires, d'autres étudiants, tous différents mais ce matin, tous dans le même sac.


Ambiance tendue.

Nous serrons fermement nos papiers comme pour se dire qu'ils auront plus de poids.
Puis, des douaniers arrivent. Pas un bonjour à l'assistance. C'est chose entendue, nous sommes la plèbe, le rebut de l'Amérique.

Le douanier, crâne rasé et boucle d'oreille me donne un vain espoir de passage avec son look décalé, qui sait, peut-être un peu d'ouverture d'esprit... Qui sait...?

Il me fait signe de venir. Pas un mot décroché. Je commence à sortir mon baratin que je me retiens de dire depuis des jours. Il me fait signe que non, je suis juste là pour prendre un ticket. Argh...

Je vais me rasseoir. 30 secondes après, il nous rappelle. C'est parti. Evidemment, il ne parle pas un mot de français, rien. Nous sommes à Montréal, QC, pas un mot de français. No comment. Malgré le stress, on lui explique notre situation qu'il ne veut en fait même pas écouter. Le regard du boule-dog renfrogné, il a l'air d'essayer de comprendre. Mais ça passe pas. Il nous demande : "mais pourquoi être allés en Alaska si vous voulez maintenant aller au Mexique ?". Voilà, tout l'entretien est résumé, la phrase qui tue, celle qui nous fait prendre conscience qu'il ne comprend rien au principe du voyage. On lui explique tant bien que mal qu'on voyage, qu'on visite, qu'on s'est pas perdu !!! Mais ses sourcils froncés nous laissent entrevoir le manque certain de compréhension, il a l'air de cogiter, il doit croire qu'on se moque de lui. Mais c'est pas une blague, on VOYAGE !!! bon sang !!! CROYEZ-NOUS : ON VOYAGE !!!!!!!!!!!!! Je lui étale tous les papiers prouvant argent - boulot et todo, mais il s'en fiche royalement, ce n'est pas son problème, apparemment, on devrait même pas être là, car c'est pour les gens de l'aéroport et pas pour les frontières terrestres... Il demande tout de même à un supérieur, toujours très supérieur le supérieur, qui nous remballe vite fait. Rien à faire, vous prenez un avion et vous rentrez chez vous.

Fini, il ne nous regarde même plus et passe à nos amis vietnamiens qui nous souhaitent bonne chance !

Voilà, c'est fini. En à peine 2 minutes, 6 jours d'attente partent en fumée.

Fini.

Chapitre 4 - Lacolle deuxième

Donc, à présent que faire.
Nous passons les jours suivant à tout imaginer, tout explorer. On épluche le site du Consulat américain, on contacte les cargos pour affréter le van au Mexique en shipping, on tente de voir si quelqu'un serait intéressé par le faire traverser pour nous. Mais tout est trop aléatoire, compliqué ou onéreux.
Ces quelques jours à mettre fin à notre voyage se résument en quelques lignes. Pourtant c'est un tourbillon d'incompréhension qui s'abat sur nous. Notre voyage va prendre fin car une douanière voulant faire un excès de zèle en a décidé ainsi, nous disant de vendre le van, de prendre un avion et d'aller au Mexique. Tout est si simple...

Nous passons nos journées entre larmes, prises de tête, et acceptation d'une fin prochaine.
Puis, sur les conseils d'Alex, nous décidons de re-tenter notre chance à la frontière, avec tous nos papiers. Nous n'avons plus rien à perdre et le douanier nous avait dit qu'on pouvait revenir dans 10 jours avec ces papiers. Et bien voilà, on tente le passage de la dernière chance... (et si on se le faisait à la Thelma et Louise...!).

Nous rassemblons à nouveau toutes nos affaires, et sans se dire au revoir, par superstition, on repart vers le même poste frontière, pour ne pas qu'on nous dise qu'on essaie partout.

Ha, le destin... quel coquin...
Il y a cette barrière de guichets de douane, juste devant nous. Je me dis que peut-être dans quelques heures, peut-être, nous serons de l'autre côté... Peut-être que tout va changer, peut-être que nous verrons New-York, Washington et la Maison blanche, les Appalaches, puis les papillons monarques mexicains. Peut-être, ce serait si simple. On aimerait appeler Alex et lui crier : OUI, ON EST DE L'AUTRE CÔTÉ !!!

Nous avançons vers les guichets. Sereins d'épuisement nerveux. Arnaud me demande lequel choisir. Allez, un vers la droite puisqu'ils vont nous mettre sur le côté. On arrive au guichet. Et alors qu'Arnaud tend les passeports, je me tourne vers le guichet de droite, et qui vois-je : la même douanière qui nous a refoulé la première fois à Mooers dans un autre poste frontière !!! C’est le « Truman show » ! 

C'est fini, plus que fini, elle nous reconnaît et se précipite sur notre guichet voir ses petits copains douaniers pour tout leur raconter. Fini. Le type ferme la fenêtre pour qu'ils papotent tranquillement de la prise incroyable qu'elle vient de faire... Beurk... Niaiserie. Elle croit qu'on vient en cachotterie. Le douanier nous demande alors si on a déjà été refusé. Et bien oui, on lui explique qu'on revient avec des papiers prouvant notre bonne foi. Allez, hop, sur le coté.
Et voilà que la douanière ne nous lâche plus. On croise le type de la seconde fois qui nous reconnaît (on doit pas être refoulé tous les jours apparemment ! quel honneur ...) qui nous souhaite gentiment bonne chance. Le comble. Du délire. Bon, allez, on reste concentrés et c'est reparti pour un tour. La charmante douanière ne lâche plus celle qui a en charge le dossier et qui se verra prendre sa place rapidement.
Elle nous sort fièrement, avec un petit sourire : "vous savez que c'est moi qui vous est refusé... ?" Oh non, c'est vrai, mais pauvre %/?!+%!!!... comment aurait-on pu oublier son visage.

Dans les locaux, malgré nos documents bancaires et sur le voyage, et du fait que notre chère douanière, Kimberly Felber !, reprend en main notre dossier (elle a quitté son poste rien que pour çà), on nous fait vite comprendre qu’on ne rentrera pas aux USA. On nous demande pourquoi on essaye à nouveau de passer et notre réponse, à savoir qu’on revient avec nos documents sur les conseils de leur collègue, ne convainc pas : "il a fait une erreur". Quoi ???????%/?+=%%%!!!.-((( 
On nous fait remplir les cartes vertes d’entrée pour rien, à notre grand étonnement. Mais on comprendra vite que c'est juste pour avoir le bonheur ensuite de nous dire que du fait d'avoir rempli ces cartes, on a mis en cause leur décision en tentant de revenir ! Incroyable ! On est en plein rêve... en espérant se réveiller très vite.

On nous prend à nouveau nos empreintes digitales, doigt par doigt, puis les quatre d'un coup, puis pouce, puis photo du visage. Puis je ne revois pas Arnaud, emmené par Kimberly Felber pendant près d'une heure et demi ! Aucune explication. Je dois juste gérer Rose qui commence à crier famine. Il revient et a juste le temps de me dire qu'il a été interrogé, sous serment, dans une pièce isolée. On vient me chercher... A mon tour.

A la fin de l'interrogatoire, Kimberly imprime le rapport qui nous interdit dorénavant de rentrer aux USA avec le « Visa Waiver Program » : un visa B2 nous est désormais nécessaire, à VIE !, même pour une simple escale en avion…!!

Super Kimberly, la douanière de choc qui a sauvé les US d'une invasion dangereuse, oriente lourdement les questions et omet de retranscrire l’intégralité de nos réponses !, notamment celle où l’on précise qu’elle-même nous avait dit que l’on pouvait essayer de passer à un autre poste de douane. Bien sûr, elle ne veut pas que ça figure dans le rapport et fait tout pour nous faire changer d'avis !
Lorsqu'on lui demande pourquoi on a eu des visas si c'est soit-disant illégal, elle nous dit illico d'arrêter de poser des questions, qu'elle n'a pas à se justifier. Voilà, on est bien face à des règles qui ne sont claires pour personne, notées nul part. Certains sont plus coulant que d'autres, mais ce sont eux qui ont fait l'erreur, pas elle. C'est comme ça, elle n'a rien à justifier.
On est dans un vrai film. On ne moufte pas. Pas un mot plus haut que l'autre même si ce n'est pas l'envie qui nous manque, mais on sait que la toute puissance douanière peut nous mettre derrière les barreaux pour pas grand chose. 

Après plus de 5 heures passées dans ces bureaux à voir les autres RV passer sans soucis, et après avoir été menacés d’emprisonnement si l’on essayait à l’avenir d’entrer aux USA sans visa, on laisse les USA derrière nous et repassons la douane canadienne sans problème, heureusement. Car à ce moment-là, on serait coincés entre les deux pays que ça ne nous surprendrait même plus. Heureusement le Canada n'est pas en guerre contre un ennemi invisible qui s'appelle la peur et on nous laisse prendre exil.

Cette fois, on dit définitivement adieu à New York, Washington, la Maison blanche, Taos, Canyon de Chelly ainsi qu’au Mexique, Guatemala et Hawaï.

C'est totalement fini...







Montréal

Nous repassons par Québec et retrouvons Nathalie, Damien, Francine et Cédric qui nous accueillent avec énormément de gentillesse. Nous passons quelques jours ensemble entre films et trampoline ! On apprend à découvrir le style de vie à Québec, plutôt chouette !

Puis nous rejoignons la "Bougex Family", avec qui nous avions voyagé aux US après s'être rencontrés au Mexique !
On est accueilli là aussi comme à la maison, une magnifique maison qui nous fait vite reprendre goût au luxe, au confort d'un foyer, d'une douche, de toilettes, d'un four, et des amis... Argh ! comment repartir un jour ????????

Alors, c'est parti, petit tour en vélo pour découvrir Montréal sous un soleil radieux.




Nous sommes aussi accueillis par les grands-parents adoptifs de Léonie et Sofia (que Rose a retrouvé avec bonheur !) avec une gentillesse inouïe.
Jacques et Ginette que Rose appelle de suite "papy" ! "Mamie" !

 









Françoise, notre super contrôleuse des airs de choc ! nous emmène visiter sa Tour de contrôle à l'aéroport de Saint Hubert ! Super, on apprend tout le métier (ou presque) et en tout cas, beaucoup sur ce milieu que l'on ne connaissait pas du tout auparavant. Merci encore Françoise, c'était vraiment chouette !


Et puis la vie suit son cours, nous reprenons des forces, faisons du ménage, préparons des petits plats, une vraie vie de maison !




C'est samedi ! Visite du Marché Jean Talon, qui nous donne déjà envie de retrouver les ambiances des marchés mexicains... mais on n'insiste pas Alex... !

Alors, pour ne pas perdre les filles... on les tatoue au numéro de téléphone !











et on se laisse emporter par les airs latino de ce groupe "Mamselle"... mexico-québecois !  Tout un symbole !...


Puis, dans une maison qu'elle n'a jamais eu, Rose découvre avec les filles les joies des cabanes qui prennent tout le salon !


et des déguisements de Catherine, la voisine...


Alors, après samedi, c'est ... dimanche, et le dimanche en septembre, à Montréal, c'est ... ? Ramassage de pommes dans les vergers !! Sauf que de cabanes en déguisement, avec un départ un peu tardif, on est pris dans les bouchons car tous les montréalais ont eu la même idée... donc on se retrouve sur un parking pour pique-niquer... ça nous rappelle curieusement le voyage ça !... ;-)


  

Enfin, nous arrivons dans les vergers... Yeehaw ! Croquage pour tout le monde ! Et on embarque dans le tracteur pour aller au milieu des vergers.









En voyage, pas de pitié, on est là aussi pour faire des rappels de vaccin. Et avec la super aide de Françoise, on trouve enfin un endroit où faire vacciner Rose. Pas simple le système de santé quebécois !
Et Rose est bien vite réconfortée par sa toute première sucette, alors... même pas mal !



mais pour Françoise aussi la tension a été intense, elle aussi a droit à un peu de réconfort !


Nous continuons par la visite de l'Oratoire Saint Joseph.


Et voici un grand classique de l'actualité québécoise : les ponts ! Les fameux ponts qui s'écroulent, les travaux, les bouchons, on aura vécu en direct live les démêlés sur les histoires politiques, la corruption, l'argent... un vrai Dallas québécois. Pour l'histoire très très vite résumée : des travaux pas faits depuis des années, des hivers durs qui attaquent les ponts et routes, des travaux à faire partout en même temps, donc des bouchons partout, et des sketches sur le sujet !



Le Mont-Royal



Soirée pizza maison !



La réparation du frigo : des tests et nous nous apercevons grâce aux judicieux conseils de Geneviève de TSI Réfrigération qu'il s'agit du néon d'hamoniaque qui ne fonctionne plus correctement alors qu'il a tout pour le faire... Vu que nous partons direction le Mexique et le Guatemala, on le fait réparer de suite pour s'assurer un peu de fraîcheur.


Notre frigo démonté, c'est un peu notre maison qu'on opère.


Mais avec la bonne humeur constante de Geneviève et son professionnalisme, ça devient un véritable plaisir d'avoir un problème de frigo !


Voilà, nous laissons le petit van parmi les gros, pour quelques jours d'opération et de lifting ! Puisque nous repartons pour une nouvelle et grande route vers le sud, nous avons également décidé de faire changer la batterie auxiliaire, afin de s'assurer d'avoir de l'électricité, surtout au Guatemala où les branchements se font rares.